Conformément au programme proposé, les deux derniers mois 2015 ont été animés par trois activités différentes.
Deux d’entre elles sont désormais des classiques et il suffira de dire qu’elles ont été fructueuses. Le 21 novembre, Norbert, avec son excellente pédagogie, a partagé ses connaissances pour observer le verger récemment implanté du Colombier vert et préparer la taille de printemps. Malgré un temps un peu frais, le soleil a autorisé deux séances dans le verger. La salle mise à disposition par la mairie de Champlay a fourni aux 10 stagiaires un havre chauffé pour l’approche théorique et le pique-nique du midi. Un atelier d’initiation à la greffe des fruitiers est en projet pour le printemps prochain.
Le 1° décembre, les responsables des Archives départementales de l’Yonne ont présenté aux 15 inscrits les sources disponibles pour établir la généalogie de nos maisons, leur ont fait visiter les magasins puis les ont guidés pour une mise en pratique dans la salle de consultation. On ne peut que se féliciter de ce partenariat avec les Archives, à la fois régulier et instructif.
La journée du 10 novembre, consacrée aux modalités par lesquelles donner « une seconde vie aux objets », était une innovation par laquelle nous voulions concrétiser l’intérêt de notre association pour l’environnement. Elle a été riche d’enseignements.
La seconde vie des objets débute par le tri des déchets ménagers, dans l’Yonne le plus souvent aux « points d’apport volontaire » (les PAV) où l’usager a la responsabilité de déposer ses déchets. De là, ceux-ci sont transportés aux centres de tri. A Ormoy, nous avons visité le centre de tri SOREPAR de la société COVED (filiale du groupe Saur) qui traite les emballages (plastiques, métal, carton) et les papiers. Chaque catégorie de déchets, une fois triée, est vendue à diverses sociétés (l’acier à Arcelor Mittal, les papiers à Norske Skog, 2ème producteur mondial de papier journal, le verre à Saint-Gobain Emballages …). La responsable du centre, Marylise HARRAULT, nous a expliqué la complexité du tri que la visite de l’impressionnant réseau de tuyaux, souffleries, capteurs, aspirateurs, containers, scandé par des contrôleurs humains, nous a permis de visualiser.
Retenons l’essentiel : le tri commence chez l’usager et toute erreur de sa part entraine l’envoi à l’incinérateur ou à l’enfouissement de la totalité du lot de déchets. Conclusion : ne vous trompez plus de container (déchets alimentaires dans le container du verre ou du papier ou des emballages et inversement) ; ne jetez plus les textiles dans les déchets ménagers mais utilisez les containers à textiles ou déposez-les auprès des associations qui les acceptent. Pour vous aider à bien trier, vous pouvez demander à vos communes (ou com.com) les documents explicatifs du tri.

L’après-midi a été consacrée à la recyclerie du centre Emmaus à Pontigny. Son responsable, M. GRÉGOR, nous a exposé les difficultés nouvelles qu’il rencontre pour tenir les deux objectifs des centres Emmaus : accueil et réinsertion des sans-logis.
1° difficulté : une politique qui assimile le centre à une entreprise. Il en découle une baisse des recettes (fin des subventions, soumission à la TVA) et une structure de dépenses inadaptée aux besoins et ressources. Exemple : les 20.000€ consacrés à la mise aux normes de la cuisine ont consommé les ressources nécessaires à la réparation du bâtiment de vie dont une partie s’effondre suite à l’affaissement du sous-sol (ancienne décharge).
2° difficulté : sous l’effet de la crise migratoire, l’accueil inconditionnel de tous les nécessiteux crée un problème de main d’œuvre car la part des sans-papiers augmente (60% des compagnons hébergés en ce moment). Aussi le centre manque-t-il des chauffeurs dont il a besoin pour conduire ses camions. En outre, le manque de travail allonge la durée de séjour des compagnons et contraint à refuser des gens faute de capacités d’accueil suffisantes (un Algéco a été ouvert pour héberger des passagers).
3° difficulté : la multiplication des sites d’annonces en ligne (type le bon coin ou ebay…) réduit en amont les objets vendables qui étaient donnés antérieurement, en aval la clientèle qui venait les acheter. La part des objets à mettre en déchetterie augmente et avec elle les coûts.
4° difficulté : la rupture des accords avec les déchetteries qui se réorientent vers les entreprises de recyclage (tel le centre de tri d’Ormoy) rend payant le dépôt des invendables qui coûte actuellement 30.000 € par an au centre.
Dans ces conditions, il faut saluer la manière dont le centre Emmaus réussit à assurer l’accueil (21 compagnons en ce moment) dans un bâtiment confortable, la réinsertion (notamment par un atelier de réparation de l’électro-ménager) et à approvisionner la boutique (vêtements, mobilier et appareils électro-ménagers).
Deux conclusions à cette journée. La première, locale et pratique : contribuez aux recettes d’Emmaus en donnant des objets vendables et réduisez ses dépenses en mettant les autres directement en déchetterie. La seconde, globale et sociétale : il serait bon de réfléchir à la réorganisation des relations entre les sphères marchande et non marchande pour le traitement des déchets. Le développement du traitement marchand ne supprime pas l’utilité du traitement non marchand (ou social) mais oblige à revoir les équilibres entre ces deux sphères sous peine de laisser sans réponse les besoins nouveaux que suscitent le chômage, avec son corollaire la pauvreté, et l’apparition de nouveaux mouvements migratoires.
Et maintenant, le plaisir de vous souhaiter, au nom du bureau et du conseil d’administration, de bonnes fêtes et de vous présenter nos meilleurs vœux pour la nouvelle année. Météo France prévoit un Noël au balcon et pas aux tisons. Qui s’en plaindrait ? Les températures clémentes seront un agrément supplémentaire pour les réunions familiales et amicales.
Pour le premier semestre 2016, nous avons préparé un programme d’activités qui devrait vous plaire :
– les 23 et 24 janvier : un stage pour apprendre à bien comprendre sa maison ancienne afin d’améliorer son confort. Il se tiendra à Chablis avec des moments théoriques et une promenade pour lire l’architecture.
– le 19 mars : un atelier pour apprendre à devenir un maitre d’ouvrage éclairé capable d’organiser et de diriger son chantier. Il se tiendra chez un adhérent à Pourrain.
– les 23/24 avril (ou 30/1°mai) : au Colombier vert de Champlay, un stage d’initiation aux peintures naturelles (à l’eau et à l’huile de lin) qui répond aux demandes de plusieurs d’entre vous.
– le 16 avril : l’assemblée générale annuelle de l’association aura lieu à la maison du Coche d’eau à Auxerre où nous serons les hôtes du Centre d’Études Médiévales. Le président de MPF, Bernard Duhem, a accepté notre invitation et nous rejoindra.
– le 19 juin : pour les journées du patrimoine de pays et des moulins, rendez-vous à Irancy pour des visites de caves et du village, et un pique-nique à midi.
Chers amis, à l’année prochaine avec notre cordial souvenir et tous nos voeux.