12 stagiairesont participé au stage organisé à Champlay au Colombier vert les 1-2 septembre dernier. L’écho obtenu par la proposition a été si bon qu’il ne nous a pas été possible d’accueillir tous les candidats. C’est le seul inconvénient de ce type d’initiation dont le bon déroulement implique un nombre réduit de stagiaires.
La première matinée a été consacrée à une introduction théorique sur la mise en œuvre des enduits à base de terre, où les stagiaires ont trouvé réponse à leurs questions et ouverture vers des aspects encore inconnus pour eux. Puis les travaux pratiques ont commencé : préparation et mise en œuvre d’un remplissage isolant terre – paille allégé; d’un enduit correcteur thermique terre – sable – paille ; d’enduits à la terre (du gobetis à la finition). Pour les 3 formules, il faut noter l’ajout de chaux CL 90 qui rend la terre irréversible car elle évite qu’elle fonde sous l’effet de l ‘eau.
Chez la formatrice, Monique Cerro, nous avons apprécié : sa maitrise du sujet, sa pédagogie alliant clarté du propos, fermeté du guidage et sens de la plaisanterie. Les stagiaires ont ainsi été encouragés à s’approprier les gestes techniques tant pour le tamisage de la terre, que pour la fabrication des enduits avec le mélange des 2 types d’éléments qui les constituent (agrégats et liants) et (le plus difficile) pour l’application de l’enduit sur les murs. Pour la terre – paille allégée, le remplissage du banchage se fait à la main, technique qui rappelle les jours heureux de l’enfance où pour nombre d’entre nous la terre boueuse fut le premier matériau avec lequel modeler des figurines.
L’excellence du local mis à la disposition du stage n’est pas le moindre facteur de son bon déroulement. Les photos donnent une idée de la beauté et de l’ampleur des bâtiments du Colombier vert. Merci à Véronique et Régis et à leurs 2 maçons pour le travail de préparation et pour l’accueil des stagiaires, cette fois agrémenté par les déambulations d’un couple d’oies blanches fraîchement arrivé !
Nous voilà convaincus que la terre (correctement dosée en argile et bien préparée) est un matériau d’avenir. Comme l’explique Laetitia Fontaine, un mur en terre crue est un « climatiseur de dernière génération » car sa nanostructure (avec les ponts capillaires de quelques nanomètres qui s’établissent entre les plaquettes d’argiles) permet aux molécules d’eau qu’elle contient de changer de phase (de passer de l’état liquide à l’état gazeux) en fonction de la température ambiante : quand celle-ci augmente, l’eau contenue dans la terre s’évapore et absorbe une partie de la chaleur de la pièce ; quand celle-ci baisse, l’eau de la pièce se condense dans la terre et restitue l’énergie accumulée (Bâtir en terre, p. 153).

